Actualité du CNEFOP

Dans un contexte de transitions, la sécurisation des parcours professionnels des actifs reste l’objectif affiché

Le CNEFOP plénier du 27 juin a permis d’échanger avec Muriel Pénicaud, la nouvelle ministre du Travail. Nous avons eu des informations sur le calendrier des réformes annoncées. Le dossier de l’apprentissage sera le premier abordé, dès septembre, en vue d’un projet de loi prévu au printemps 2018. La date d’ouverture des négociations sur la formation professionnelle reste encore à arbitrer, soit à l’automne 2017, soit en janvier 2018.

La démarche sera plus longue et s’étalera probablement sur 18 mois. À l’heure de la transition verte et numérique, elle portera aussi sur l’évolution des métiers et des compétences, dans de nombreux secteurs professionnels. Le CNEFOP sera mobilisé en termes d’expertise (sur les champs EFOP).

Comme l’an dernier à la même époque, un rapport conjoint sur la mise en œuvre du Compte personnel de formation (CPF) et du Conseil en évolution professionnelle (CEP) a été présenté à l’assemblée plénière pour validation. Il parait indéniable que ces deux droits, issus de la loi du 5 mars 2014, sont étroitement liés. Doit-on pour autant, chaque année, opter pour un seul rapport, alors que le CPA vient d’apparaître dans le paysage ?

L’UNSA n’y est pas favorable et souhaiterait pour 2018, compte tenu de la complexité des problématiques, la rédaction de rapports séparés. Le rapport unique présenté par Catherine Beauvois, la Secrétaire générale, s’avère toutefois de qualité, chacun le reconnait. Il montre les évolutions survenues sur le terrain depuis 2 ans, tant sur l’information des actifs, le positionnement des acteurs que sur les objectifs et les « bonnes pratiques » à privilégier. Dans le volet CEP, le rapport précise l’objectif : dans la mise en œuvre du CPA, en lien avec l’entretien professionnel des salariés, le CEP doit devenir le « pivot de la sécurisation de tous les parcours professionnels ».

Pour le CPF (compte intégré dans le CPA), le rapport rappelle les ambitions initiales de la loi et souligne la nécessité de renforcer son pilotage stratégique, au plan national et régional. Sa « soutenabilité » financière, pour les prochaines années (26 millions d’actifs), est aussi cruciale. Les conditions de mobilisation du CPF restent à améliorer, notamment pour le site internet, l’information sur les formations éligibles et les certifications par exemple. Le rapport recommande un « pilotage stratégique renforcé » des moyens mobilisés sur les territoires afin d’assurer une meilleure coordination des acteurs. Le contexte du CPA est évoqué, l’UNSA note cependant que ce n’est pas très étoffé.

Après un vote favorable sur le rapport (abstention de la CGT), une présentation des premiers enseignements tirés de l’expérimentation FEST (Formation En Situation de Travail) a pu avoir lieu. FEST est une nouvelle modalité de formation sensée s’ajuster aux besoins et contraintes des TPE-PME. Elle permet des mises en situation de travail organisées à des fins de formation. Bénéficiant de l’appui du FPSPP, la démarche qui s’est voulue « concertée et collaborative » a été animée par le réseau des Anact-Aract, chargé d’accompagner la mise en œuvre opérationnelle (en lien avec les OPCA) et d’assurer le suivi des expérimentations engagées. Rien n’a été dit sur la suite mais, dans le cadre de la réforme, on peut supposer des évolutions réglementaires.