Les blocs de compétences

Un concept qui demande à être clarifié pour envisager des passerelles entre certificateurs et faciliter les mobilités.

Le Céreq et l’AFDET ont publié conjointement un état des lieux du paysage de la certification professionnelle. L’inscription des blocs de compétences dans la loi du 5 mars 2014, ne comporte aucune définition de cette notion. Ainsi, l’ensemble des acteurs de la certification a du s’interroger sur ce nouveau concept et sur les conséquences en matière d’ingénierie et de lisibilité des unités certificatives constituées. Il existe une très grande diversité et un très grand nombre de certifications répondant à la reconnaissance de qualifications. Visiblement construites pour faciliter une meilleure lisibilité pour le marché du travail, elles présentent une certaine ambigüité dans leur repérage en tant que « blocs de compétences ».

En tant que tel, le concept de « bloc de compétences » ne figure pas dans tous les référentiels actuellement produits. Il s’agit d’une notion trop récente pour être inscrite comme un descripteur devant y être intégré. La CNCP l’exige désormais pour toute nouvelle demande d’enregistrement et les « blocs » sont mentionnés sur la fiche RNCP, au fur et à mesure de l’enregistrement ou du renouvellement des certifications. Les certificateurs publics sont en cours de réflexion pour envisager la même démarche. Il reste que l’absence de définition de ce concept dans les textes qui les instaurent rend particulièrement difficile la désignation des objets que la notion de « bloc » peut recouvrir.

Or le « découpage » en blocs de compétences peut présenter de réels avantages en appui des parcours professionnels qualifiants : il permet de sortir de la logique du « tout ou rien » par l’acquisition progressive d’une qualification, tant en formation initiale que par la formation continue et la validation de l’expérience, il peut faciliter des reconversions et des mobilités grâce aux passerelles entre certifications, tout en permettant une employabilité immédiate par l’attestation de compétences liées à des situations de travail.

Face à cet objet pas encore identifié, malgré des définitions produites par la CNCP et le COPANEF, les rédacteurs invitent les acteurs du champ de la formation et de la certification à s’interroger :

  • Quelles certifications peuvent ponctuer la construction de parcours professionnels ?
  • Quelle est la taille minimum de ce qui peut être certifié comme reconnaissance d’une qualification, au sein d’un parcours professionnel, pour qu’elle soit encore porteuse de sens ?
  • Quelles sont les places respectives des certifications qui qualifient à l’exercice d’un métier et de celles qui certifient la compétence requise pour l’exercice d’une activité ?

Pour l’UNSA, évaluer, valider ou certifier les compétences d’un salarié, c’est lui permettre d’être reconnu dans l’entreprise comme à l’extérieur de celle-ci. La reconnaissance des compétences doit s’inscrire dans un dialogue social renouvelé.