L’heure du bilan

Les Missions locales font l’objet d’un nouveau bilan dans le cadre d’un projet de rapport sénatorial

Nous disposons d’un éclairage sur les premiers éléments d’analyse qui ressortent d’une version provisoire de ce document. Les deux sénateurs à l’origine du travail, François Patriat et Jean-Claude Requier, nous donnent une vision partagée du travail effectué par ces structures. Ils mettent tout d’abord en avant des statistiques, saluant l’activité générée avec l’accueil de plus de « 1,4 million de jeunes reçus chaque année, soit plus 30 % entre 2007 et 2015 et leur implantation de proximité (445 établissements, 6 500 sites) ».

Ces indications ne donnent pas pour autant de notion qualitative sur le travail réel effectué par les professionnels. Les auteurs s’arrêtent plus longuement sur les axes d’amélioration à poursuivre dans les Missions locales. Trois points critiques sont évoqués : le manque d’outils de pilotage de la performance, une visibilité à affirmer par rapport à Pôle Emploi et une gestion budgétaire déficitaire. Pour répondre à ces difficultés, les deux sénateurs proposent six recommandations, notamment la mise en place de bilans d’activité permettant un retour plus précis sur l’activité des structures, la sécurisation de la « Garantie jeunes » et des fonds qui lui sont dédiés, l’attribution exclusive aux Missions locales des publics 16-25 ans, en ce qui concerne leurs démarches de recherche d’emploi (souci de cohérence).

Pour l’UNSA, à la lecture des premiers éléments de ce rapport, il semble que l’initiative d’imposer un bilan sur l’activité de ces structures, après plus de trente ans d’existence, est une démarche intéressante et nécessaire. Nous regrettons toutefois une approche un peu technocratique sur le pilotage de la performance. L’outil envisagé est visiblement critiqué par les équipes. Il nous paraît donc compliqué de pouvoir s’appuyer dessus sans une négociation appropriée.

Enfin, sur un plan plus philosophique, nous nous interrogeons sur la nécessité que les Missions locales, compte tenu de leurs missions sensibles de service public, soient toutes impérativement, chaque année, à l’équilibre ou bénéficiaires. Si l’équilibre budgétaire doit être recherché, ne serait-il pas pertinent, dans une société bâtie en partie sur la solidarité, de permettre parfois à ce type de structure un déficit « encadré », afin d’améliorer notamment la qualité de l’accompagnement offert aux publics jeunes en difficultés ?